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 BRUSQUES RETROUVAILLES --

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Cadence J. Butler
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MessageSujet: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 1:43

Cadence & Andreas



    Il y avait ce chaos l’étouffant, ces ténèbres l’emportant, et ces suffocations qui la prenaient, l’étranglant. Elle s’était éveillée d’un bond, le souffle court, son cri se perdant entre les murs de son appartement sans en sortir. Elle était seule, définitivement seule, sans personne pour lui tenir la main les jours d’orage, ou pour essuyer ses larmes s’écoulant si souvent. Sa main s’était instinctivement posée sur son ventre. Rien, aucune présence, chaleur, il n’était plus, et elle les avait perdu. Tous les deux. Elle n’avait pu retenir l’angoisse qu’elle sentait monter, sa respiration qui se bloquait, et les perles brûlantes qui s’écoulaient déjà sur ses joues, débordant de ses yeux vides, épuisés, desquels on avait retiré l’éclat candide qui y brillait autrefois.

    Elle avait rejeté le drap d’un coup sec, découvrant son corps chaud, dénudé, ses mains étaient venues ouvrir volets et fenêtre, laissant le vent s’engouffrer dans l’espace précédemment clos. Le froid venait attaquer son visage pour son plus grand bien, la lumière grise du mauvais jour sembla abîmer ses yeux, les obligeant à se plisser. La flamme du zippo s’éleva, cramant le bout de sa cigarette, et la fumée commença à emplir la chambre à coucher abritant encore les démons de ses rêves passés. Elle jeta un coup d’œil à son réveil inutile, cela faisait bien longtemps qu’elle ne le faisait plus sonner, il ne servait qu’à lui indiquer l’heure de ses aveuglants chiffres rougis, et en cet instant, il était midi douze. Elle avait cette fâcheuse tendance à porter son regard sur les montres, les horloges, les pendules, quand les nombres se dédoublaient, la faisant sourire parfois, ou s’inquiéter encore, pour de vieilles superstitions qu’on avait rapidement reléguées au rang de sornettes.

    Enfiler un gilet, allait manger un morceau, cela faisait bien longtemps qu’elle ne s’était pas levée aussi tôt. Après tout, elle avait retrouvé les bras de Morphée il y avait à peine quatre heures de cela, rentrant d’une nuit terriblement longue qui avait exterminé ses dernières forces. Et son visage las, qu’elle n’avait pas pris la peine de maquiller, s’offrait dans la rue aux regards absents des passants. La main de Cadence vint de nouveau se poser sur son ventre plat, trop plat, ou même encore trop creux. Elle n’avait pas faim, finalement. Elle n’avait jamais faim, ces derniers temps. Son goût pour la nourriture s’était évaporé, et elle ne le retrouvait que lorsqu’elle était défoncée, se réconciliant alors avec la gourmandise, cédant à ses propres caprices.

    « Un café, s’il vous plaît. »

    Elle avait poussé la porte du café, laissant son parfum enivrer les sens de ces gens entamant leur déjeuner, seule pause de la journée, qu’ils usaient en se mêlant encore et toujours à la foule, se perdant les uns dans les autres, jusqu’à se perdre eux-mêmes.

    La boisson caféinée bouillant entre ses doigts, une cigarette dans l’autre main, elle avait rejoint le Saint James’s Park avec lenteur, profitant des derniers chants des oiseaux accusateurs, oubliant les bruits de moteur. Elle allait là au hasard, le café se portant parfois à ses lèvres délicates, réchauffant sa gorge encore heurtée par les incidents de sa nuit, et ce cauchemar qui la hantait.
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Andreas H. Gibson

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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 2:13

    London. Cette immonde pendule qui fascinait tant et ces foutus british qui passaient leur journée sur un terrain de golf. Les bus à deux étages, et les cabines téléphonique qui agressaient les yeux de ce pauvre New Yorkais qui n'a jamais rien connu d'autres que les soirées de débauche. Les yeux vides et le nez plein. Il venait à peine de descendre de l'avion qui l'avait emmené jusqu'ici. Il releva une de ces nombreuses paire de lunette Dolce&Gabanna sur ses cheveux en pagaille. A peine éveillé, ces heures de vol l'avaient exténué. Cette petite escapade de l'autre côté de l'océan ne pouvait que lui faire du bien. Son sac de poudre soigneusement rangé au fond de la poche de sa veste de cuir, quelques gros billets gagnés illégalement dans son porte-feuille et plus rien ne pouvait arrêter Andreas H. Gibson, plus rien. Les Anglais étaient réputés pour être sages et coincés, mais peut-être, oui peut-être qu'il existait ici quelques êtres malsains. Il l'espérait tellement.

    Saint James's Park. A première vu les fils à papa existaient ici aussi. Putains de gosses de riches, putain de vie sans intérêt et sans but. Des enfants couraient dans l'herbe verte, tellement verte qu'elle semblait fausse. Elle était fausse. Ce monde était faux. Leurs parents ne les surveillaient que d'un œil, trop occupés à lire leurs journaux qui polémiquaient sur une éventuelle crise économique. Ce n'était un secret pour personne, ils ne craignaient rien. Les enfants chahutaient entre eux, lointaine insouciance. Leurs rires étaient presque joyeux, oui presque. Andreas sortie une cigarette de son paquet de Malboro Light et la porta jusqu'à ses lèvres, il l'alluma avec la flamme de son briquet Dupont en or. Il tira nerveusement sur ce qui lui encrassait les poumons et se sentit bien.

    Il avançait à pas réguliers sur l'allée magnifique qui se dérobait sous ses pas. Les mains plongées dans les poches, le regard perdu vers l'horizon quand il la vit. A quelques mètres devant lui. Il n'en doutait pas c'était elle. Cadence J. Butler Il aurait reconnu sa démarche et sa chevelure brune parmi des milliers. Ses jolies petites fesses moulées dans son jean haute couture, cette cigarette qui venait effleurer ses lèvres. Ces lèvres qu'il avait goûté tant de fois, et qui avaient finies par être salies par la drogue et l'alcool. Elle lui avait volé son vice. Ce vice ne se vivait pas à deux. Ils étaient pourtant heureux avant. Avant. Il avait traversé l'océan pour ça, pour elle et il ne bougea pas. Il continuait d'avancer au même rythme sans l'interpeller. Il attendait, comme à son habitude le moment propice. Le moment où il s'attaquerait à sa proie. " Sa proie " ce mot semblait être inventé pour qualifier C. Pendant des mois il l'avait caché du reste du monde, de ses " ami(e)s " qui dégoulinaient d'illicite. La protéger, seulement la protéger. Le plan ne s'était pas totalement déroulé comme il l'aurait souhaité, ils s'étaient regardés se détruire mutuellement et ils continuaient. Le plus beau dans leur histoire c'était que c'était loin d'être beau.
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Cadence J. Butler
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 2:48

    Une sensation étrange. Comme un regard au creux de son dos, qu’on lui perçait, cherchant à e faire se courber. Et elle tenait, ne se retournant pas même. Elle ne savait pas que c’était Lui. Toutes ces histoires concernant la présence des gens auxquels vous tenez le plus que vous devinez sans les voir, c’étaient des conneries. Car je peux vous assurer que sinon, elle en aurait déjà lâché son café, laissant le sombre liquide s’écouler contre la poudre grisâtre de ce sol tant de fois foulé et pourtant si peu observé. S’arrêter. Elle ne supportait plus le poids de ce regard qu’elle ressentait entre ses omoplates. Ou peut-être n’y avait-il rien. Peut-être n’était-ce que l’effet de son imagination, l’oppression ressentie face à toute cette population qui grouillait autour d’elle, le monde qu’elle ne supportait plus, l’Homme qu’elle ne voulait plus voir autrement que déchu, réalité altérée, esprit déformé.

    Elle s’était écartée du droit chemin, comme toujours, et ses pas l’avaient amenée vers l’un des rares bancs encore libres de ce parc, dénués de présence. Tenir, ne pas devenir folle, alors que les rires des enfants, au loin, venaient lui déchirer les oreilles, lui faire tourner la tête. Meurtrière. Ne pas sombrer, avancer, ne pas laisser ses jambes flancher, s’effondrer. Elle sentait que le manque de sommeil la tiraillait, que les efforts constants la démangeaient, que tout cet écart la bouffait. Trop loin de ce qu’elle avait aimé, de ce qui l’avait attirée, elle ne retrouvait plus les raisons sans lui, elle ne retrouvait plus ses motivations, et pourtant, elle avait conscience qu’il était le pire de ses démons, le diable incarné, sa mort et sa délivrance. Et elle l’avait lâché, sachant qu’elle ne pourrait plus supporter son regard sans devoir tout lui avouer, ce qu’elle avait fait, ce qu’il était arrivé, et elle ne s’en sentait pas la force. Exilée par la patronne, c’était elle qui avait fait le choix de ne prévenir de rien. Elle avait cherché à tout effacer, mais en elle, c’était gravé, et jamais dessus elle ne pourrait tirer un trait. Brisée, écartelée, il lui manquait là, voguant dans les rues de Londres, l’une des plus importantes parties d’elle-même, de celle qu’elle avait lâché ce jour-là, ce jour où sa vie avait pris une autre tournure, oubliant une partie de sa personnalité, de ses fondements, pour le laisser prendre une place plus importante encore dans son cœur. Idiotie.

    Et c’était là qu’elle l’avait vu, alors qu’elle s’était installée sur le banc désert, son visage, son allure, qu’elle aurait pu reconnaître entre mille, rien qu’à la lueur brillant dans ses yeux, au rythme de ses pas. C’était à son tour de fixer son regard sur lui, de croiser ses yeux, son expression se figeant, visage tourmenté,, grand bouleversement. C’était le choc des émotions, le rassemblement des sensations, extrêmes, qui se mêlaient les unes aux autres pour ne plus ressembler qu’à un amas invraisemblable, pensées impénétrables dans lesquelles elle ne parvenait à mettre de l’ordre. Les fantômes reviennent toujours nous hanter, petite Cadence, tu n’aurais pas du en douter, penser t’être sauvée.

    Et son silence qui pesait, tandis qu'elle pensait avoir atteint les limites de la folie. Hallucinations.
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Andreas H. Gibson

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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 3:23

    Pauvre petit New-yorkais qui suivait sa proie comme il savait suivre les bonnes fréquentations pour son petit business. Oui il savait flairer les êtres malsains, corrompus par le vice. Il en avait côtoyé presque toute sa vie. Non. Il en avait côtoyé toute sa vie. Il suivait ses pas, marchait sur ses traces comme un enfant court après un fantôme qu’il croit voir mais qui n’existe pas. Il avait rêvé de ce moment à multiples reprises, il s’était imaginé ce qu’il lui dirait des centaines de fois. Mais rien, le trou noir. Elle était là et il la suivait, comme si plus rien autour n’existait. Elle était là. Les sentiments se bousculaient, s’emmêlaient, se brouillaient. Elle était partie, sans un mot, sans une explication. Il était resté assis dans son petit appartement déplorable à attendre son retour. Pourquoi ? Comment ? Il s’était réveillé un matin, seul. Sa brosse à dent n’était plus dans la salle de bain. C’est tout ce qu’il savait.

    Et puis elle avait quittée le chemin. Une deuxième fois. Assise sur ce banc comme si elle l’attendait, comme si elle avait devinée sa présence derrière elle. Leurs regards se croisèrent. Putain ce qu’elle était belle. Ses yeux verts émeraude, d’une telle beauté qu’ils n’étaient sans doute même pas homologués, cette petite étincelle qui s’y logeait brillait à nouveau. Il l’avait vu s’éteindre. Il l’avait fait s’éteindre. Elle ne souriait pas, n’avait aucune trace de larme au coin du regard, aucune expression particulière elle était là, tout simplement, elle le regardait sans un quelconque mouvement. Tout lui revenait alors, un entrelacs de rires, de jambes, de fumée, les effluves de la poudre blanche, ses mains crispées sur sa peau, ses ongles plantés dans son dos, la fièvre, l’oubli total de cet univers insignifiant auquel ils appartenaient.

    Il emmena sa cigarette jusqu’à ses lèvres, l’aspirant savoureusement. Elle avait ce goût. Ce goût si particulier de ces cigarettes qu’il allumait et qu’ils fumaient à deux. Les meilleures. Il avait cet air neutre qui monopolisait son visage, celui qu’il ne quittait en aucun cas mais ces yeux restés bien plongés dans ceux de C. Il s’approcha, lentement, prenant tout son temps. Comme si tous ces mois dont il avait subi son absence se ressentait maintenant, dans ce silence insupportable qui semblait les entourer. Les gens passaient devant lui, lui saccadant l’image de Cadence, mais il n’y prêtait aucune attention, ses yeux ne sillaient pas. Il se décida à s’assoie, prés d’elle sans prononcer aucun mot. Il hésitait entre la ruait de coups, l’insulter, partir ou l’enlacer. Il n’en fit rien.


    - Une cigarette ?

    Simple, court. Il ne se fit pas trahir par sa voix qui ne dévoilait aucune émotion, aucune tremblement, rien, le néant. Il ne l’avait pas vu depuis des lustres et pourtant c’était comme si il ne l’avait jamais quitté, comme si elle ne l’avait jamais trahie. L’atmosphère était lourde, insoutenable. Andréas possédait la fierté la plus démesurée de tout l’état Américain. Faiblir était synonyme de lâcheté. En étant lâche on ne survivait pas dans leur monde.

    Sans même prendre le temps d’attendre sa réponse, il lui tendit une cigarette, le regard rivé droit sur elle, sur son visage aux traits fins, ce visage qu’il aimait tant caresser. Le dernier souvenir qu’il avait de ce joli minois était sombre, terrifiant, comme si elle n’avait plus été que l’ombre d’elle-même. Chaque jour il avait assisté à l’abaissement de la femme qu’il aimait. Ses mains tremblantes qui vidaient le sachet de coke, qui façonnaient des lignes qui disparaissaient en une fraction de seconde. Son corps qui s’accroupissait devant la cuvette des toilettes des boîtes de nuit les plus branchées pour renifler un rail.
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Cadence J. Butler
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 15:04

    Elle sentait son cœur se briser une seconde fois. Peu à peu, elle était parvenue à effacer en partie les remords, les regrets, les non-dits, et la culpabilité qui la rongeait. Là, avec lui en face d’elle, s’avançant dangereusement de son corps qui lui appartenait, qui lui avait toujours appartenu, il ravivait tout, toutes ces choses dont elle avait tenté d’estomper l’effet destructeur qu’elles avaient sur elle, la plongeant un peu plus chaque jour dans les abysses des enfers.

    Elle avait à peine terminé sa cigarette qu’il lui en tendait une, là, s’élevant, la dominant de sa taille haute, et elle en tremblait, la pauvre enfant, oubliant le présent, et ce qui se trouvait autour d’elle, les gens. Elle dû s’y reprendre à trois fois avant de parvenir à allumer son briquet, deux fois de plus pour cramer le bout de sa cigarette. Elle perdait ses moyens, les mots demeuraient en travers de sa gorge, elle était vidée de tout. Son cerveau vibrait, elle était complètement sonnée, des fourmis s’emparant de son esprit qu’elle ne parvenait plus à diriger. N’aligner aucune pensée, pas deux mots de formulés. Ses réactions étaient vives, excessives, voilà ce qu’on lui aurait dit. Mais l’étaient-elles tant en réalité, quand on y repensait ?

    Elle s’accrochait à lui quand la nuit tombait, quand elle commençait à vaciller sur ses talons, à tituber. Il prenait soin d’elle, mêlant sa froideur à la douceur, l’attachant à lui. Cadence lui avait tout pris, mais sans lui, elle n’en serait pas là aujourd’hui. Le plus triste, c’est que même dévastée, déchirée, défoncée, son regard de shootée se posant sur vous, ses crises d’hystérie vous effrayant et ses mots ne trouvant plus aucun sens, elle continuait à régner sur ce monde qui leur appartenait, qui leur avait appartenu. Son corps nus entre les draps, leurs excès, crever les abcès. La tête qui tournait, sa tête qui venait se poser délicatement sur son épaule, elle lui demandait d’écouter la musique, quand seuls les rires résonnaient, et de danser, pendant que les autres se cocaïnaient. Elle n’en pouvait plus, c’était trop pour elle, elle brûlait dans le feu de la passion dans ce monde sans saveurs à force d’y accumuler les plaisirs, mais ailleurs, elle n’était plus elle-même, elle n’était plus rien, rien que cette enveloppe charnelle sur laquelle on se retournait, qu’on prenait en modèle, mais ils ne se doutaient pas que pour elle, tout était fini, rien n’avait plus de raison d’être. Ca sonnait creux, vide, faux, et elle était tellement différente de ça.

    Une grande bouffée, inspirer, rejeter, laisser la fumée s’évader quand la nicotine vous envahissait, et elle parvint à articuler :

    « Qu’est-ce que tu fais ici ? »

    Elle avait souhaité terminer par « Andreas », mais tout comme ces derniers mois, elle n’y parvenait pas, la force lui manquait, le courage tout autant. Ca n’aurait servi qu’à la tuer un peu plus.
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Andreas H. Gibson

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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 16:06

    Le week-end s’annonçait beau, pas un nuage ne venait troubler l’horizon. Tout était calme comme si la ville se réveillait d’une nuit d’été trop courte. Bien trop calme pour le tempérament impulsif d’Andreas, horriblement calme. Il haïssait tous ces gens autour de lui qui ne riaient de rien et qui s’amusaient de tout. En réalité, il haïssait tout le monde, sauf peut-être une exception, ce « nous » qu’ils avaient construit ensemble, ce monde qui leur appartenait. Tout au moins il avait aimé au début, cette union de deux âmes égarées dans l’univers où les dollars sont maîtres, peut-être même qu’ils s’en seraient sortis. Mais l’espoir l’avait quitté aussi vite qu’il l’avait envahie, elle était partie, le laissant seul à ses occupations impures qui le détruisait chaque jour un peu plus. Coke adorée qui fait oublier cette vie de merde, dans ce monde de merde, entouré de gens factices.

    Elle lui arracha la cigarette qu’il lui tendait, nerveuse. Andreas n’était qu’un cliché vivant, si il continuait de vivre ainsi il finirait à ronfler à côté de la femme qu’il aura épousé mais qu’il n’aimera pas, dans le paquebot de quatre mètres qui leur servira de lit, ils ne s’effleureront même pas. Il s’en moquera parce qu’il préférera aller aux putes qui s’agiteront dans la rue où il vivra à New York. Il ne savait pas, il ne savait plus. Un seul regard et tout peut basculer. C. lançait quelques regards furtifs, évitant de croiser le regard du jeune homme. C’est ce phénomène paranormal appelé communément coup de foudre qui précipite deux êtres dans une passion amoureuse ravageuse. Ce n’était pourtant pas leur cas. L’époque de la passion amoureuse ravageuse était résolue. Ravageuse, destructrice, dévastatrice, maudite passion.

    Il examina longtemps la gêne qui transparaissait sur son visage. Six mots. « Qu’est-ce que tu fais ici ? » Pauvre idiote. Que pourrait-il bien faire ici ? De ces amours passés que l’on enferme, plein du courage d’aimer, paré pour affronter les plus beaux de nos défis. Il était loin du preux chevalier servant qui lui répondrait que bien sur il était venu pour la rejoindre, pour recommencer une nouvelle idylle et pour retrouver le désir qui renaît aussitôt satisfait, ses doigts se promenant sur la splendide courbe de ses reins, juste lui, juste elle, leurs membres confondus. Et son sourire. Qui aurait pu croire qu’un sourire pouvait arrêté la Terre de tourner ? Il laissa ses lèvres afficher un sourire en coin, qui semblait puer le vice à des kilomètres à la ronde.


    - Nan. Toi qu’est-ce que tu fais ici ?

    Quel culot elle avait cette pétasse. Combien de fois il a couru jusqu’au téléphone espérant secrètement que ce serait elle, combien de nuit il a passé à écouter le son de sa voix sur son répondeur, combien de journées il a passé à visiter et revisiter ces endroits qu’elle aimait avec le minime espoir de la voir apparaître. Et c’était maintenant à lui de justifier sa présence à Londres ? Stupide. Il pouvait lire dans son regard clair que de toute évidence elle n’était pas des plus ravies, il n’en attendait pas plus, quand on fuit le passé on ne s’attend pas à le voir débarquer assis à côté de vous sur un banc du Saint James’s Park. Lui non plus ne semblait guerre satisfait d’être là, son visage ne manifestait aucun sentiment, son sourire était malicieux et sarcastique et ses yeux étaient remplis de haine et de passion.

    Il ne s’attendait pas une quelconque réponse, mais à un regard baissé vers le sol et un changement radical de sujet. Il saisissait donc avec délicatesse le café qu’elle tenait fermement entre ses mains, comme si elle s’attachait à lui pour ne pas déraper, pour ne pas crier, hurler, pleurer, partir. Et tout en ne la quittant pas des yeux, il apporta la boisson à ses lèvres et la délecta avec un sourire diablement joueur sur son visage. La provocation, le défi, deux mots simples qui avaient rythmés leur sordide histoire. Aller plus loin, toujours, dépasser ses propres limites et celles de l’autre, se doubler et puis faire demie tour quand l’autre est tombé. Jusqu’au moment où plus rien n’est contrôlé où vos yeux vides semblent s’appeler au secours mais que votre esprit est trop embrumé par les stupéfiants. Écœurant sentiment d’impuissance, de soumission. Ne plus rien pouvoir faire d’autre que de se regarder mourir, lentement, comme si toutes les drogues se délectaient de leur abominable pouvoir.
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Cadence J. Butler
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 17:03

    Il y avait les rails de coke, l’extasy qu’on prenait sur les débuts de soirée, ou dans les moments de solitude, et les fix qui venaient de temps à autre altérer leur quotidien pour les faire sombrer plus encore. C’était ça, la destruction à l’état pur, qu’elle avait laissé sur la table basse, et qu’elle ne pouvait cependant pas s’empêcher de retrouver quand les souvenirs l’assaillaient et que ses espoirs illusoires la lâchaient.

    Il souriait, il se moquait d’elle tandis qu’elle lui posait sa question, et qu’il lui répondait sur on ton détaché, celui-là même qu’elle exécrait.

    « Ce n’est pas ton monde ici. Tu n’y survivras pas un seul instant. »

    C’était en réponse à celle qu’il ne lui avait pas fournie, qu’il avait retourné contre elle, ce mur qu’il avait placé et auquel elle se trouvait confrontée, qu’elle devait escalader sans chuter, gigantesque et effrayant. Comme il l’avait prédit, son regard s’était baissé, le fuyait, elle continuait à pomper sur sa clope, butée, et elle ne voulait pas en parler. Elle ne parvenait pas à sourire, il ne pouvait pas savoir, comprendre, que sa présence ici lui rappelait tout ce qu’elle avait perdu, lâché, trahi, l’enfant mort avant même sa naissance, mort dont elle était la seule responsable, soumise, aucune révolte, effacée, perdue. Et lui qu’elle avait trahi, qui se trouvait pourtant ici, et chacun des regards qu’elle ramenait à lui lui serraient le cœur, elle ne pouvait plus le toucher, se blottir contre lui, et son absence l’avait transformé en zombie. Fille inintéressante.

    Son sourire malicieux, ses yeux, et cet air provocateur qu’il arborait comme si de rien n’était la firent trembler à nouveau.

    « J’ai envie d’un rail. »

    Il n’était même pas deux heures, mais déjà elle se sentait sombrer, la fin lui paraissait proche. Elle ne parvenait pas à se réjouir de sa présence de laquelle elle n’avait pas été prévenue, brutale. Elle ne saurait pas lui donner la pauvre excuse qu’elle avait sorti à cette fille anodine, ce n’était pas crédible, et ne justifierait en aucun cas l’interruption des liens. Elle ne pouvait que se montrer blessante, odieuse, afin de le laisser fuir, refaire sa vie, mais elle n’en était pas encore capable, pauvre être inanimé, dépourvu de toute force.

    Et tous ces souvenirs faisaient enfin ressurgir l’émotion, celle qui emplissait ses yeux de larme, les humidifiant et les rougissant. Non, Cadence, pas maintenant. Il fallait encore échapper à son regard, qu’elle posa sur son café qu’il lui avait ôté, haussement d’épaules, peu importe, qu’il fasse ce qu’il voulait. Elle s’imaginait très bien son incompréhension, et ne craignait que sa colère, ou la punition qui ne saurait tarder, vicieuse, pour l’avoir abandonné. Il n’était pas le genre de personne que l’on laissait, duquel on se foutait, sur lequel on pouvait tirer un trait. Si seulement il savait qu’elle ne saurait même pas réaliser ce projet.
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 17:34

    Elle avait lancée cette phrase comme une balançoire jetée contre un mur, cherchant à l’écorcher comme on s’érafle les genoux par terre à compter les cailloux. Elle avait pourtant raison, ce n’était ni son monde ni le sien, leur monde était à des kilomètres d’ici. Et alors ? Andreas aimait les défis, jouer avec le feu jusqu’à se brûler la peau. Il avait toujours eu affaire à la censure. Comment en serait-il autrement puisque, comme il le reconnaît lui-même, l'art, c'est faire ce qui est interdit ? Le danger, l’adrénaline, le sentiment d’être au dessus de tout, de pouvoir tout vaincre. C’était bien sur un sentiment éphémère, abominable vice de la drogue : vous en prenez toujours plus, pour garder en vous cette force extrême qui vous fait croire meilleur et puis un jour, elle s’en va. Vous n’êtes plus vous, vous n’êtes plus l’autre, vous n’êtes plus rien.

    C. devra se contenter d’un simple clin d’œil qu’il lui lança avec sarcasme comme unique réponse. Mon dieu, non il ne survivrait pas ici, il ne survivrait nulle part. C'est toujours la même chanson, sauf qu’elle n’était plus là pour l’écouter avec lui. Dans la vie y'a ceux qui restent, et y'a ceux qui partent. On dirait que ceux qui partent sont toujours ceux qu'on aimerait garder pour toujours mais au final on tient bien plus à eux une fois qu’on les a perdu, oui elle lui appartenait, elle était à lui, à personne d’autre, et si elle devait de détruire, elle le ferait avec lui. Le comble c'est quand vous voyez les gens partir mais que vous ne savez comment les retenir, alors vous ne dites rien, vous espérez un miracle qui ne viendra jamais, vous attendez comme un con parce que êtes trop lâches pour partir le premier. Non, elle n’aurait pas du partir, l’abandonnait comme on quitte quelqu’un qu’on ne supporte plus, pour qui nous n’avons aucuns intérêts, elle n’aurait jamais du. Elle avait à sa possession Andreas H. Gibson, pas n’importe quel gosse de riche, non elle avait LE gosse de riche le plus adulé de New York. Sombre erreur.

    Elle avait envie d’un rail. Il avait envie d’un rail. La vertu même devient vice, étant mal appliquée, et le vice est parfois ennobli par l'action. Se combler, comme deux pièces de puzzle qui s'ajusteraient parfaitement, mais ne viendraient pas de la même boîte. Son sourire s’échappa un instant, fixant ses yeux avec sérieux. Ils étaient accros, accros à l’illicite, accros à cette relation fondée sur l’illicite. Ils en avaient besoin, sans ça leurs repères s’écroulaient. Cette phrase le propulsa aussitôt dans le passé, cette sensation au ceux du ventre, ce que vous ne revivrez jamais. Il se retenait de crier, de crier ce qu’ils étaient, ce qu’ils auraient pu devenir, ce qu’ils ont gâché, ce qu’elle a gâché.

    Sans un mot il sortit du fond de sa poche sa petite pochette remplie de poudre blanche, cette poudre qu’ils avaient renifler ensemble durant des mois, celle là même qui les avait détruit mais dont il ne pouvait se passer. Le regard rivé droit devant lui, non il ne voulait pas la regarder, le sachet tendu en direction de C. Espérant secrètement qu’elle ne le prendrait pas, après tout il s’en fichait. Ils s’étaient regardés mourir mutuellement, qu’est-ce qui pouvait bien lui arriver de pire ? La preuve tangible de cette force qui les habitait était là, cette excessive tension qui les entourait, eux et leur foutue poudre. Pourquoi avait-il fallut l'amour qui est si doux d'aspect, mis à l'épreuve, soit devenu si tyrannique et si brutal ? Ils s’étaient aimés tous les trois, Andréas, Cadence et la drogue. Non les ménages à trois ne se terminent jamais par un happy end.
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Cadence J. Butler
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 18:10

    Ne pas relever les yeux vers lui. Elle savait qu’à l’instant où elle le ferait, le désir renaîtrait, harassant, la terrassant. Il était déjà là, bien présent, elle le sentait au fond d’elle et ne voulait pas accomplir ce travail inachevé que sa seule présence avait entamé. Tous ces moments d’absence et de solitude, même quand tous ces gens grouillaient autour d’elle, la cajolant, la complimentant, se pendant à son bras et s’imaginant qu’elle pouvait les sauver, les sortir de là, quand elle-même ne faisait que s’abaisser sans cesse, régresser encore et encore, devenant une ombre fugitive un peu trop présente, un peu trop voyante. Elle n’était rien sans lui pour la simple et bonne raison qu’il l’avait façonnée, qu’il avait fait d’elle tout ce qu’elle était. Il était son miroir, une partie d’elle-même, et chaque pas les séparant la faisait décrocher un peu plus de la réalité.

    Elle avait senti la larme s’écouler, alors qu’elle avait les yeux baisser, brûlant sa joue, s’imprégnant dans sa chair. Marquée à vie. Ou peut-être pas, puisqu’il était là, à présent. D’un revers de la main, tout effacer. Les traces de la douleur, de la souffrance, qui l’habitaient. Et entre ses doigts, ce sachet de poudre blanche, qu’elle avait tant aimé, qu’elle aimait toujours autant. Mais elle n’avait plus le même goût, plus le même effet, sans lui à ses côtés pour la partager. Non, elle n’allait pas le refuser. Elle avait relevé les yeux, croisant les siens sans les détourner cette fois, puissance, amour et haine se mêlant ensemble, extrême, comme à leur habitude. Et cette brûlure au bas du ventre, qu’elle connaissait si bien, ce frisson qui l’emportait si loin. Leur peau qui s’effleure puis se touche, et sa main qui se referme sur le précieux objet. Elle s’était levée.

    « Tu viens ? »

    Elle rejoignit les arbres qui les cacheraient, les dissimuleraient aux yeux du monde. Ici, personne, rien que le repos, la tranquillité, qu’elle ne parvenait à trouver même en y demeurant, transformée en brasier ardent, aussi bien quand il était question de ses sensations que de ses sentiments.

    Elle s’était assise là, avait sorti son agenda, ouvert le sachet de poudre, et avait tracé six lignes sur la couverture rigide, d’une main experte. Tant de fois, trop fait, trop parfaitement assimilé. Elle lui avait tendu ce qu’il restait, sans en défaire les formes parfaites, pas un grain de déplacé, ordre parfaitement respecté. Enfin un sourire sur ses lèvres, non maîtrisé, les souvenirs, encore une fois, qui affluaient, prenant soudainement une autre dimension.

    Son enfant, leur enfant, l’avortement, sa mère qui l’avait éjectée, son départ, souhaitant l’écarter de tout cela, d’Andreas. Elle serait bien capable de la faire migrer vers l’Inde, s’il le fallait, pour que ce garçon ne la retrouve pas. Et dire que c’était elle qui l’avait guidé jusque-là. Sa main sur son ventre, visualisation de la cicatrice dans son esprit, et son rire qui perçait, s’élevait, hystérique. S’il savait.
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Andreas H. Gibson

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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 18:43

    La drogue est la béquille des gens qui ne supportent pas la réalité. Il ne supportait pas la réalité. Cette réalité qui avait poussée Cadence à partir, loin, trop loin. Celle qui fabriquaient ces êtres dénués de toute morale, qui ne vivaient que par le biais de leur argent, ces enfants qui a dix ans touchait déjà à l’alcool pour oublié la médiocrité de leur vie qui les résignait à tourner en rond, en permanence, sans jamais s’arrêter. Il ne devrait pas être là, à tendre le sachet dans l’attente de savoir si elle le prendrait ou non, il faut aider et aimer son prochain comme soi-même, on lui avait appris au catéchisme. Aimer son prochain comme soi-même ? Atroce ironie, il se haïssait. Et puis à quoi bon l’aider, elle ? Elle l’avait lâchement délaissée comme un chien s’enfuit de son maître après s’être reçu des coups. A choisir, il préférerait qu’elle s’abstienne de prendre en main ce foutu sachet mais en une fraction de seconde il su, oui il su que rien n’avait changé, qu’ils étaient tous deux toujours à l’affût de la moindre substance à renifler, fumer, respirer.

    Son regard croisa le sien. Il aurait aimé lui dire « Idiote petite fille gâtée » mais il n’en fit rien. Elle était assez grande pour partir, elle l’était aussi pour prendre ses décisions. On avait offert le choix à Andreas entre l’amour, la drogue et la mort, il avait choisi la drogue, l’amour s’était barré et la mort l’attendait, c’était une certitude. Triste destin auquel il ne pouvait plus échapper. Il cru voir au fond de ses yeux, oui là où l’esprit semble communiquer à la place des mots, il cru voir de la passion, un soupçon d’amertume peut-être. Ses doigts frôlèrent sa paume, insupportable souvenir d’autrefois, où leurs corps ne faisaient qu’un. Extase éternelle d’un amour insatisfait. Elle se leva, semblant renaître à travers cette poudre en l’invitant à la suivre. Elle avançait vers les arbres qui les cacheraient du voyeurisme, tandis que lui, hésitait. Il n’avait aucune envie de la voir s’abaisser, renifler, soumise à l’illicite, droguée.

    Il se leva tout de même se disant qu’il n’avait pas passé toutes ces heures de vol aux côtés d’une vielle bourgeoise répugnante qui semblait ne pas s’être lavée depuis des années pour rien. Assise là, la poudre dispersée en six lignes atrocement tentantes, presque aussi irrésistible qu’une magnifique créature en tenue d’eve qui se serait glissée dans vos draps, attentant patiemment que vous vous décidiez. Aucun sourire, aucun bruit, leurs yeux plongés sur cette poudre qui s’alignait parfaitement, c’était un spectacle magnifique, celui auquel il vous ai impossible de résister une seconde de plus.

    Il s’assit à côté de Cadence, osa furtivement tourner son regard vers elle qui se semblait déjà se délecter des savoureuses substances qui allaient bientôt couler dans ses veines, et cette sensation inexplicable qu’elle allait bientôt ressentir. Il la regardait sourire. L’amour meurtrier, l’amour infâme, l’amour funeste. A force de se retenir d’aimer il se peut que nous en perdions la capacité. Parce que la morale voudrait qu’ils s’aiment sans la coke, la beu, l’héro, crak, extasy, mais la morale ne faisait pas partie de leur monde. Oui, ils étaient un pathétique remake de Roméo et Juliette, sauf que dans leur histoire à eux, il n’y avait pas de pauvres, mais la séparation avait été inévitable tout de même.
    Il sortit une petite paille de la poche de son jean qu’il déposa sur la couverture de l’agenda où reposait la tentation. Il attendit, sereinement, la regardant, elle. L’observant sans bouger se remplir les narines de ce qui les avait détruit, ce dégoût, comme si elle serait en train d’embrasser à pleine bouche un homme qui aurait mis fin à leur relation, elle pactisait avec l’ennemie.
    Elle lui tendit les trois lignes restantes, parfaitement alignées. Il saisit la paille et fit de même, le délit nasal, aspirant la poudre jusqu’au dernier grain. Il reposa la paille et l’agenda au sol, tourna son regard vers le ciel gris qui semblait avoir accueilli de multiples nuages, la pluie ne devrait pas se faire attendre. Il s’en fichait, il se sentait bien, il se sentait meilleur, plein et vide à la fois.Et puis son regard bascula vers elle, qui semblait plus apaisée. Un sourire vint border ses lèvres.


    - Tu es magnifique.
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 19:12

    Son rire s’arrêta enfin, quand il se pencha sur le carnet pour ôter ce qu’il y restait, prenant le tout. Prise de conscience, horreur, ou simplement la paranoïa qui accompagnait souvent ces instants de défonce. Elle détruisait tout sur son passage. Les âmes, les amitiés, les amours que l’on avait promis éternels. Plus rien ne restait, ne demeurait, tout s’effondrait, et elle en était la seule responsable. Il l’avait détruite, et elle avait cherché à lui rendre la pareille. Qu’importaient ses excuses, elle l’avait fait. Détestable enfant, avide de vengeance. En était-ce réellement la cause ?

    L’air froid la fit frissonner, et un bref regard vers le ciel lui annonça ce qu’il en serait de ce temps. Après l’explosion de leur cœur viendrait celle du ciel, et les larmes qui se refusaient à couler sur ses joues qu’elle voulait garder sèches seraient bientôt remplacées par les perles célestes, et alors elle pourrait les mêler sans qu’il ne les remarque, sans qu’il ne remarque que son cœur saignait, que le sel l’imprégnait sans parvenir à cicatriser la plaie, ne faisant que la brûler sans cesse.

    ANDREAS – Tu es magnifique.

    Son regard s’était encore plongé dans le sien, elle avait ressenti cette force qui l’attirait à lui, qui les avait toujours liés. Celle qui l’avait fait sombrer, quand elle avait voulu savoir, se rapprocher encore de sa personne, chercher ce que ça lui procurer. Peut-être avait-elle cru qu’un jour, il préférerait la drogue à elle, qu’il la choisirait, et qu’elle resterait sur le côté, enfant sage avec lesquelles il n’avait pas l’habitude de traînasser. Peut-être avait-elle eu peur de voir qu’un jour, il se serait lassé, et que ce soit lui qui tourne les talons, agacé. Alors, elle s’était souillée, sous ses yeux éberlués, alors tout avait changé, sauf la donne, le final. Il fallait toujours qu’ils partent. Malsaine relation dans laquelle pourtant ils se complaisaient.

    Sa main était venue chercher son haut, elle l’avait attiré à elle, déposant un baiser sur ses lèvres, fermant ses yeux, juste un instant. Que tout redevienne comme avant. C’était tout ce qu’elle souhaitait, mais la culpabilité la rongeait, à l’égard d’Andreas, d’elle-même et de l’enfant.

    « Toi aussi. »

    Elle le relâcha, et ses mains revinrent s’occuper du sachet afin d’effacer cet instant de faiblesse. Un nouveau rail, qu’elle reniflait, et ces remords qui ne cessaient pas.

    « Il l’aurait été aussi. »


    C’était trop tentant, ça franchissait ses lèvres telle une bombe atomique. Et l’expression de son visage ne changeait pas, simple tristesse dans la voix, la vie continuait, n’est-ce pas ? Mais pourrait-elle se poursuivre entre ses bras ?
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 19:48

    Il n'y a rien de pire que l'amour, mais quand on aime personne nous n’avons rien à perdre. Il avait aimé il y a longtemps, cette femme qu’était Cadence, parce qu’elle était différente, forte, amusante, tendre, passionnée, investie, spontanée. Maintenant quand il la regardait, elle était vide, complètement vidée par le vice. Triste réalité. Alors pour oublier cette réalité il n’hésitait pas à s’appuyer sur sa béquille qu’était la drogue, encore, encore, et encore. Après l’avoir complimenté, il traça une nouvelle ligne de poudre qu’il fit disparaître en une seconde, il en avait besoin, un besoin vital. Comme si la personne qu’était Cadence n’allait plus sans la drogue, comme si l’habitude avait fait que l’une ne se séparait pas de l’autre.

    Un frisson lui parcourut la colonne vertébrale, le froid se faisait ressentir, en y prêtant attention il pouvait même percevoir quelques gouttes tombées sur son visage. Peu importe, il ne bougerait pas de là. Et elle non plus. Il la regardait, pour la énième fois, il l’avait partagé avec son addiction, il l’avait offert à son addiction. Il ne regrettait pas, il n’y a pas de place pour les regrets, les remords sont réservés aux faibles. Il avait cette envie qui montait peu à peu en lui, cette chaleur qui envahissait son bas ventre et dont il n’arrivait pas à se séparer. Leurs souvenirs, la seule chose que personne ne pourra leur enlever. Des mois de bonheur, partagé et puis plus rien, le vide, les mentons qui se heurtent contre la table, les pas titubants jusqu’au lit qu’ils partageaient, les nuits où ils rentraient défoncés et qu’il se devait de la laver pour effacer toute trace de délit, oui il prenait soin d’elle, même avec 4 grammes dans les veines, tout au moins au début. Ils avaient fait de l’illicite un sujet de prédilection

    Le désir. Le désir de revenir l’espace d’un instant au temps où il étaient heureux, où la drogue n’était pas le moteur de leur relation. Elle l’attira vers elle, déposa un baiser sur ses lèvres. Douce nostalgie. Dangereuse passion. Il la détestait, cette rancœur ne le quittait pas, il voulait lui faire payer ses actes manqués et pourtant il n’en fit rien, pas maintenant, pas encore. L’envie n’est pas l’amour, ce n’est qu’un territoire que l’amour s’approprie. L’exquis goût de ses lèvres, celui qu’il su trouvé que sur les siennes. Vouloir à tout prix ce qu’on ne possède plus et le repoussait quand on l’a de nouveau.

    Elle répondit un simple « toi aussi ». Ils n’étaient pas magnifiques, ils étaient pitoyables. Pitoyable amour insatisfait. Elle se délecta d’un quatrième rail de poudre, mon dieu ce que l’addiction peut être moche. « Il l’aurait été aussi », instant de réflexion. Peut-être que l’effet de la drogue qu’elle aspirait la rendait cinglée. Elle l’avait toujours été. Elle ne savait plus ce qu’elle racontait, c’était la seule explication rationnelle. Le rationnel n’existe pas. Permanente paranoïa. Cependant il la regarda, sceptique. Et si cela voulait dire quelque chose ? Non, foutue droguée.


    - Pourquoi ?

    La question lui brûlait les lèvres, inévitable. Pourquoi était-elle partie ? Elle ne faisait pourtant pas partie de ces gens lâches qui prenaient la fuite dés la moindre ombre au tableau. Ou alors peut-être ne la connaissait-t-il pas si bien qu’il ne le croyait. Elle ne répondrait pas, triste évidence. Il s’approcha doucement d’elle, ne la quittant pas du regard, il fallait qu’elle réponde, il fallait qu’il sache, il ne vivrait pas sans.
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 20:11

    Non. C’était sans lui qu’elle ne vivait plus, et avec elle-même qu’elle ne savait plus vivre. Elle ne trouvait en la drogue qu’une issue de secours, une porte de sortie qu’on lui tenait ouverte, facilité déconcertante avec laquelle elle atteignait cet autre univers. Ne plus supporter le poids de ses pensées, le tourbillon des actes qui vous pèsent, et tout ce que vous avez fait. On lui courait après, et c’était avec la coke qu’elle s’enfuyait, constante fugitive, belle évadée.

    Tu associes tout à l’envie, la rancœur te gagne, as-tu donc cessé de l’aimer ? Tu aimais cette femme, cet enfant prude et sage, n’aimes-tu donc plus ton jouet, celle que tu as façonné ? Bien plus qu’un père couvrant des yeux cet enfant que tu n’auras pas, n’aimes-tu donc pas cette silhouette que tu t’es appropriée, cette âme que tu as égaré ? Tu auras beau chercher à oublier, tu savais que c’était ainsi que cela devait terminer. Elle flanchant avec toi, toi flanchant avec elle, et vos mains serrées de peur de tomber. La chute serait bien trop brutale, à moins qu’elle ne soit tout simplement fatale.

    C’était vrai, elle avait toujours était folle, folle à lier, la drogue n’avait fait que l’accentuer. Elle aimait la pleine lune, danser sous la pluie, des phrases insensées s’échappaient sans arrêt de ses lèvres, et elle seule y trouvait quelque chose de beau, de réel. Ses attitudes étaient toujours portées à l’extrême, ses sentiments exacerbés, elle ne se trouvait jamais modérée, ne savait pas que ce que le juste milieu était. Et alors ? On la respectait, alors on se taisait, on ne réagissait pas face à ses crises de colère, ou aux sanglots qui l’étranglaient sans raison apparente après qu’elle ait laissé s’échapper un dernier rire, et à ses mains qui venaient soudain vous happer, faisant fi de l’amitié.

    « De quoi ? »

    Il l’avait relevé. Faire celle qui ne comprend pas, elle s’était armée d’un grand sourire, et puis avec insouciance, son regard s’était reposé sur le ciel, qui ne cessait de s’assombrir.

    « Ca y est. Elle arrive. »

    La pluie. Elle voulait la voir tomber, emmêler ses cheveux, glisser sur leur peau, et réduire leurs vêtements à néant.

    Et elle l’embrassa encore, avec l’espoir qu’il oublie ses derniers mots, car en y repensant, elle était loin d’avoir la force de le lui annoncer, de le lui avouer, ou ne serait-ce que d’en parler. Que ce soit avec lui, ou avec qui que ce soit d’autre, le souvenir était encore bien trop intact. Tout comme elle n’avait pas su parler de lui, d’eux deux, de ses erreurs, ou même de son addiction, puisque tout cela, c’était tellement lié. Et bien qu’elle aurait souhaité retrouver entre ses bras une protection, s’entendre murmurer à l’oreille qu’il ne lui en voulait pas, qu’il comprenait, elle avait peur de ne voir sur son visage que la colère, et de ne pas bénéficier de son pardon. Alors s’il devait s’en aller, quand il saurait, autant profiter de ces derniers instants, non ?
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 20:50

    Profiter. Profiter de sa présence après avoir subi les conséquences de ce départ précipité ? Non, il ne voulait pas profiter, il voulait savourer, déguster chaque moment passé, chaque parole échangée, chaque frôlement de peau.La rancoeur fait mal, elle enfle et dégénère en sarcasmes : un peu comme une plaie qui s'infecte et suppure. Il l’avait détruite, pour enterrer à jamais cette femme qui lui plaisait tant, oui pour ne pas risquer de tomber dans l’amour. Parfait petit égoïste. Il avait fait disparaître celle qu’il aimait, et en avait fait une parfaite petite droguée qu’il ne supportait plus de regarder. Le clone de lui-même, dépravation totale. Elle incarnait l’infime espoir qu’il pouvait avoir de changer son pitoyable quotidien de jeune riche, drogué aux stupéfiants, drogué au sexe qu’il pratiquait tous les jours avec tout le monde et sans plaisir. Idiotie. Elle n’avait qu’à pas partir, tout est de ça faute.

    Culpabilité ? Aucune. On n’abandonne pas Andreas H. Gibson, on l'apprécie, on l’aime, on le vénère, on l’admire mais on ne le quitte pas. Les femmes lui couraient après, quémandant un rendez-vous, une nuit, une seule nuit et il refusait, il jouait avec leurs nerfs, suave provocation. Après s’être fait une raison du départ de C. il avait touché le fond, il a baisé toutes les putains de New York jusqu’à l’épuisement, il entassait les bouteilles d’alcool sur le lit qu’elle avait quittée, il n’y dormait plus, non il passait ses nuits à écumer les bars, à se battre, à traverser la ville à pas lents juste pour se punir de ce qu’il avait manqué, à se droguer, à frôler l’overdose.

    Elle prenait cet air idiot, celui qu’elle laissait s’emparer de son visage quand elle voulait faire paraître qu’elle ne comprenait pas. Ca ne marchait pas avec lui. Il devinait tout dans son regard qu’il avait passé tant de temps à examiner, contempler, observer le vert de ses yeux et en venait à les connaître par cœur. Et ce sourire qui illuminait son visage, merveilleux sourire, seule chose qu’il n’avait pas su détruire. Tant mieux. Et la pluie, les gouttes s’abattait sur eux, comme la dépendance les avait abattue. L’orage se faisait entendre au loin, le grondement sourd qui annonçait que le beau temps était finit.
    Elle l’embrassa de nouveau avec cette passion inintelligible qu’il aimait tant. Il glissa sa main dans ses cheveux foncés, mouillés par la pluie prolongeant ce baiser comme si il était la promesse d’un passé, et non d’un futur. Histoire de se rappeler que ce n’était pas un rêve, que le bonheur avait bien eu sa place, qu’ils l’avaient fait fuir certes, mais que leur histoire avait été vraie.


    Ses lèvres se détachèrent alors des siennes à contre cœur. Il posa sa main sur sa joue humide, le regard planté dans le sien.

    - Pourquoi tu es partie ?

    Mélancolique récidive. Il fallait qu’elle réponde, c’était vital, il en avait besoin, il devait comprendre. Et si elle ne répondait pas, il partirait, comme il est apparut sans regrets ni remords.
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 21:45

    Tu te trompes et tu le sais. Tu ne la connais pas par cœur à force de l’avoir observée, mais car tu l’as pervertie. Tes regards traînent sur elle que pour y distinguer une trace de l’ancienne petite fille qui te sautait dans les bras au moment des retrouvailles, soumise, et à chaque fois que tu y trouves une étincelle restante, tu tentes alors de l’abattre. Quand tu n’y parviens pas, tu te contentes de te voiler la face. L’as-tu construite, ou n’as-tu fait que provoquer l’arrivée de celle qu’elle était réellement, qu’elle gardait tapie au fond d’elle-même ? N’étais-tu pas simplement l’ingrédient manquant au cocktail, le bouton de déclenchement ? Nous ne le saurons jamais, n’est-ce pas ?

    Qu’est-ce qui l’amenait ici, réellement ? Sa fierté ? Son envie de la détruire une fois pour toutes ? Cadence ne savait pas bien, elle se perdait dans ses doutes, et la coke ne faisait que renforcer sa méfiance à son égard. Et pourtant, il était là, il l’attirait, et chacun de ses regards faisait s’abaisser ses barrières, lui dévoilant son cœur l’espace de quelques secondes sans encore lui dévoiler son corps. Dire qu’autrefois, tout lui appartenait, en tout temps. Ca ne leur aurait pas suffi. Vivre d’amour, ça n’aurait suffi à aucun des deux. Ils avaient besoin de quelque chose de plus fort, et leur esprit torturé les avait mené jusque-là. La lucidité les avait empoisonné.

    La pluie s’était mise à tomber, s’écoulant, noyant son t-shirt blanc, léger, qui commençait à laisser s’y dessiner les rayures noires et crème de son soutien-gorge Christian Lacroix, qu’elle affectionnait tant. Sa main s’était glissée dans ses cheveux, elle adorait ça, et un sourire s’était dessiné sur ses lèvres tandis qu’ils prolongeaient ce baiser fougueux et passionné.

    ANDREAS - Pourquoi tu es partie ?

    Il l’avait détaché de lui, avait interrompu cet instant auquel elle tenait tant. Et elle avait senti la colère la gagner, soudaine, l’emportant. Malgré tout, elle ne se sentait pas la refouler, elle en venait même à l’apprécier. Depuis quelques minutes, elle s’était remise à vivre, elle ressentait. Et elle ne comptait pas rayer cela. Elle avait fini d’interrompre leur étreinte, s’était levée, les yeux animés par cet orage grondant au-dessus de leur tête.

    « Pourquoi est-ce qu’il fallait que tu gâches ça ? Et pourquoi tiens-tu tant à le savoir ? Pour panser ta fierté ? Ne viens pas me faire croire que c’est pour me récupérer que tu es ici, Andreas, on sait tous les deux que ce n’est pas vrai. Tu n’es pas le seul à connaître l’autre, dans l’histoire. Tu veux me faire payer ? Vas-y, je t’en prie, je suis curieuse de voir ce que tu pourras inventer encore pour cela, mais je ne doute pas de ton ingéniosité. »

    Elle avait changé du tout au tout, brutalement. Son ton, son visage, tout. Mais Andreas était habitué. A la voir passer d’un état à un autre, à ses explosions. Et de nouveau, ce rire dément qui l’avait prise tout à l’heure retentissait.

    « Elle m’a viré. Elle avait tout prévu. Londres, et son gendre. Bien sûr, elle ne savait pas qu’il s’agissait d’un de mes exs. Tu te rappelles, Luka ? Tu le détestais. Quelques semaines, ça avait duré. Cadence Adelson. Je suis sûre que tu trouves cela charmant. »

    Un second rire, plus bref, et son regard, du reste, qui n’avait absolument rien de joyeux pourtant. Elle se rapprocha de lui, laissa sa main courir sur son torse.

    « Mais qui sait, peut-être me feras-tu échapper à ce mariage. Quand elle apprendra que tu es ici, sans doute choisira-t-elle pour moi un autre pays. A moins qu’elle ne se résigne à me placer dans un couvent. »

    Un sourire provocateur, quand elle n’avait aucune envie d’en sourire. Sombre humour, sarcasmes, ironie dont elle usait sans cesse. Et elle se détachait encore de lui, offrant son visage à la pluie, croisant les bras contre son ventre, et fermant les yeux sous le déluge qui s’abattait sur eux.
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 22:35

    Se voiler la face. Parlons en. Pauvre petite fille riche qui n’aspirait qu’à être pervertie. Il n’a fait qu’assouvir ce besoin que tu refoulais. Bien sur qu’il n’a fait que provoquer l’arrivée de celle que tu étais réellement, et tu ne veux pas ouvrir les yeux, tu avais besoin de cela, besoin de connaître autre chose que ce brillant avenir qui te tendait les mains, tu rêvais d’autre chose, d’une vie rythmée de péripéties plus démentes les unes que les autres, tu ne semblais pas si réticente les nuits de débauche où l’alcool t’enivrait, où la vraie Cadence se réveillait enfin. Tu es tombé sous le charme de cet ancien partisan de la jeunesse dorée qui avait grandie dans une famille décomposée avant de décomposer la sienne, oui tu étais attirée par ce délinquant, ce dealer qui t’apportait l’obscure qui te manquait tant. Ne t’en rends tu même pas compte ? Craches sur la soupe tant que tu voudras, tu as voulu fuir ce que tu étais véritablement. Tu espérais pouvoir dompter cet animal sauvage qu’il était, tu as réussi mais tu t’es perdu dans son jeu, oui tu as été sa victime et cela ne te déplaisait pas tant avant que tu te rendes compte que ton avenir était résigné à rester cette petite droguée que tu es.

    L’orage grondait de plus belle, semblant rythme l’acte de leurs ébats. Je t’aime mon non plus, cet interminable jeu qui les épuisait mais auquel ils ne renonceraient pour rien au monde. Leur étreinte terminée, la Cadence révoltée reprit le dessus, celle qui ne voulait ouvrir les yeux et préférait remettre la faute sur l’autre au lieu de se remettre elle-même en question. Foutue gosse de riche qui veut obtenir ce qu’elle désire et qui prend la fuite quand cela ne se passe pas comme elle le voudrait. Typique lâcheté. Elle s’était levée, lancée dans un monologue de fureur, de haine. Et Andreas ne put retenir ce sourire hautain qui se dessinait sur ses lèvres mouillées par la pluie. La faire payer ? C’était exactement ce à quoi il pensait, mais pas maintenant, non pas encore. Elle l’avait quittée et devait assumer maintenant ce qui l’avait pousser à s’enfuir ainsi.

    Elle remettait maintenant la faute sur sa mère, tyrannique génitrice qui exécrait le jeune homme. La conversation en vint à Luka, Luka Aymeric Adelson, infect bourgeois, descendant de Sheldon Adelson, odieux à la tête de 26 milliards de dollars. Accessoirement son ex. Et Cadence qui avait trouvait utile de rythmer ses paroles d’un rire sarcastique, pétasse. Elle avait cette fâcheuse tendance à savoir appuyer exactement sur le bon bouton pour enclencher sa contrariété, mais il ne s’abaissera pas à son niveau, oh non, elle serait bien trop satisfaite.


    - Cadence Adelson ?

    Il haussa un sourcil, et secoua la tête avec un rire narquois qui suivit.

    - Jamais tu ne te remettras avec lui, et encore moins tu ne te marieras. Tu es folle de moi Cadence, ouvres les yeux ! Ce type ne n’apportera pas la moitié de ce que je t’ai apporté moi et tu en es consciente. Tu veux me pousser à réagir en me parlant de ce petit con ? Navré, ça ne marchera pas. Je te croyais plus maligne que ça Butler, tu me déçois.

    Il se leva à son tour, les mains plongées dans les poches de son jean, narguant C. du regard, comme pour la provoquer, la pousser à être soumise à ses nerfs qui lâchaient peu à peu. Luka, cette seule pensée le poussa à rire jaune. Mon dieu que c’était pathétique, pauvre petit gamin qui croyait pouvoir rendre heureuse la belle Cadence Jane Butler. Le rôle était pris depuis bien longtemps, lui seul pouvait le faire et il comptait bien reprendre ce rôle qui lui appartenait, elle était à lui, c’était indiscutable. La seule pensée de la savoir avec un autre le faisait mourir de rire, émouvante naïveté.
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Cadence J. Butler
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 22:57

    Il ne lui en avait pas plus demander. Il ne l’avait pas interrogé sur les raisons pour lesquelles il ne l’avait pas prévenu, pour lesquelles sa mère avait pris cette brusque décision, et au fond d’elle, elle en était soulagée. Sa colère et les autres nouvelles lui avaient fait oublier l’essentiel, et elle pouvait remettre à plus tard la réouverture de sa blessure.

    Il gardait son calme face à sa hargne, il savait qu’elle détestait cela. Elle détestait tout, de toute manière. Il l’insupportait tout autant qu’elle l’appréciait, tout autant qu’elle l’aimait. Amour-haine, ils se complaisaient là-dedans, et avant même la drogue, c’était sans doute l’origine de leur problème, de cette relation destructrice.

    Il lui parlait de son amour pour lui, semblait si bien savoir ce qu’elle ne ferait pas. Elle le décevait, voilà ce qu’il disait. Ses yeux se plissèrent, l’adrénaline continuant de motner en elle sous les bouillons météorologiques, son haut lui collait à la peau, et elle devait sans cesse hausser la voix pour couvrir le bruit du tonnerre, et de la pluie tombant avec vigueur.

    « Et alors ? Tu crois que ça suffit, Andreas ? Tu crois que je ne sais pas que tu partiras ? Et tant bien même cela ne serait pas le cas, à quoi ça nous mènera ? Tu iras baiser à droite à gauche des filles sans personnalité aucune, puis tu crèveras d’une overdose, tu me laisseras seule, plus attachée que jamais, m’arrachant tout ce qu’il me reste. Tu penses que c’est ainsi que je l’imagine, ma vie ? »

    Se calmer. Elle écouta le clapotis de l’eau une minute durant, sans le regarder. Elle savait qu’autrement, ses sentiments se mêleraient les uns aux autres, jusqu’à la diaboliser.

    ANDREAS – Tu veux me pousser à réagir en me parlant de ce petit con ? Navré, ça ne marchera pas. Je te croyais plus maligne que ça Butler, tu me déçois.

    Il la provoquait. Et elle, comme une sotte, elle marchait, fidèle au ressenti. Ses mots, dépassant sa conscience, déjà lui avouaient.

    « C’est là que tu te trompes. Ca t’a fait réagir. Sois donc fier de moi. »

    Et un sourire victorieux qui se dessinait sur son visage tandis qu’elle savait qu’elle avait signé là sa perte. Elle lui rappelait qu’elle l’avait écarté du sujet initial, lui faisant oublier de demander plus de détails, de comprendre ce qu’il se passait en l’assommant de nouvelles qui le perturbaient, malgré ce qu’il montrait, et ce qu’il tentait de lui faire croire. Je ne dois pas être aussi stupide que ce que tu sembles penser, mon cœur. Mais par fierté, elle venait de se mettre en danger. Putain d’arrogance idiote, preuves qu’elle n’aurait pas du avoir à fournir, s’il ne voulait pas sans cesse lui démontrer sa supériorité.
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 23:28

    Il suffit de garder le silence devant la colère féminine pour qu’elle en devienne ridicule. Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé petite peste. Tu as peur, oui tu as peur de la réalité, d’avouer que tu ne peux te passer de moi, la forme la plus déplaisante de la peur se traduit par l’agressivité, tu es piégée Cadence. Et dans tes yeux se lisait l’énervement qui ne faisait que s’accroître face à au méprisable calme qu’il savait garder.

    Elle ne semblait ne plus penser à rien, il l’exécrait, elle voulait simplement sortir toute cette haine qu’elle avait contre lui, ce vulgaire personnage qui se foutait de tout et de tout le monde. Elle se trompait. L’orage ne faisait que gronder de plus belle, la pluie s’abattait violemment sur leurs corps déjà trempés. Son petit haut blanc se collait contre elle, accentuant ses formes angéliques et laissant apparaître sons soutien-gorge hors de prix. Il avait bien du mal à la regarder dans les yeux tout en sachant qu’un tel spectacle se produisait quelques centimètres en dessous, il savait pertinemment qu’en déviant son regard sur ses courbes elle ne ferait que s’exaspérer encore plus, incorrigible provocateur il baissa donc les yeux, affichant un sourire en coin dont il avait le secret.

    Il ne cessa pas de l’écouter pour autant. « Tu iras baiser à droite à gauche des filles sans personnalité aucune, puis tu crèveras d’une overdose, tu me laisseras seule, plus attachée que jamais, m’arrachant tout ce qu’il me reste. Tu penses que c’est ainsi que je l’imagine, ma vie ? » Garce. Ta vie est déjà toute tracée, et elle se déroulera aux côtés d’Andreas, c’est une certitude.


    - Tu imagines ta vie avec cet enfoiré de Luka ? A boire un thé en tricotant au coin du feu pendant qu’il lira le journal qui ne tarira pas des loges sur sa magnifique et aimante famille ? Mais pourquoi tu n’ouvres pas les yeux ? Tu te fous que j’aille baiser avec dix pétasse dans la semaine, tu t’en contrefiche, tu sais que je reviendrais toujours, et rien que pour ça tu resteras !

    A peine avait-il eu le temps de finir sa phrase qu’elle enchaîna déjà. « C’est là que tu te trompes. Ça t’a fait réagir. Sois donc fier de moi. » Il s’approcha d’elle, le regard planté dans le sien, tel un couteau qu’il aurait aimé lui planté dans la jambe à cet instant même.

    - Fier de toi ? Fier de la sale petite droguée que tu es, celle qui ne pense qu’à sa petite personne, qui se fait virée à Londres et qui approuve gentiment, celle qui ne daigne pas donner la moindre explication ? Si c’est de ça que tu parles, non je ne suis pas fier de toi.

    Elle avait réussit à lui faire oublier le calme inébranlable qu’il souhaitait garder. Elle était tellement idiote et sur d’elle, tellement désirable aussi, tellement attachante. Il prit quelques secondes pour se ressaisir, s’accrochant à l’intime conviction qu’elle ne méritait pas qu’il s’abaisse à son niveau peu élevé. Il quitta sa veste, et lui glissa sur les épaules.

    - Va donc avec ton mari idéal Cadence, et le jour où tu te rendras compte de la petite vie minable que tu auras ne te satisfait pas, ne vient pas pleurer sur mon épaule.
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Cadence J. Butler
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Sam 18 Oct - 23:58

    Il essayait de la raisonner sans y parvenir, et il le savait pertinemment. Juste pour lui prouver qu’elle ne pourrait s’en prendre qu’à elle-même. Mais elle savait très bien qu’elle ne voulait pas de cette vie qu’on lui offrait auprès de Luka, il n’avait pas besoin d’en faire toute une histoire. Elle n’avait cherché qu’à se défendre pour ne pas se laisser abattre par ses mots tranchants.

    ANDREAS – Tu te fous que j’aille baiser avec dix pétasse dans la semaine, tu t’en contrefiche, tu sais que je reviendrais toujours, et rien que pour ça tu resteras !

    Quand elle eût à répondre à cela, elle ne lâcha pas son regard. Elle s’était calmée, ou du moins sa voix s’était faite moins vive, et la panique avait remplacé la colère dans ses yeux sombres.

    « Peut-être que je le supporte maintenant, mais crois-tu que cela pourrait durer éternellement ? Quand mes doutes surgiraient, ce qui finira bien par arriver, comment je ferais ? »

    Et sa voix s’élevait à nouveau, augmentant son accès de panique, déjà elle se sentait se perdre, elle appréhendait qu’il lui soit ôté. De la violence dans ses mots, la colère qui commençait à l’habiter quand elle s’était apaisée, inversion des rôles, comme toujours, l’un pour être l’inverse total de l’autre.

    ANDREAS – Fier de toi ? Fier de la sale petite droguée que tu es, celle qui ne pense qu’à sa petite personne, qui se fait virée à Londres et qui approuve gentiment, celle qui ne daigne pas donner la moindre explication ? Si c’est de ça que tu parles, non je ne suis pas fier de toi.

    Elle sentit les larmes couler sur ses joues, enfin, se déverser, et elles ne souhaitaient plus s’arrêter. Elles se mêlaient aux intempéries, se glaçaient sitôt sorties, s’envolaient avec le vent fouettant son visage. Quel couple d’idiots ils faisaient. Demain, ils auraient attrapé une pneumonie.

    « Tu n’as aucune idée de ce dont tu parles Andreas, tu ne sais rien, tu ne comprends rien. Tais-toi. »

    Voix lasse et tremblante, et du sel dans la gorge, visage épuisé, les larmes continuant de s’acharner sur ses joues glacées pourtant.

    ANDREAS – Va donc avec ton mari idéal Cadence, et le jour où tu te rendras compte de la petite vie minable que tu auras ne te satisfait pas, ne vient pas pleurer sur mon épaule.

    Elle s’était stoppée, était restée figée, et enfin, le désastre s’était arrêté, plus rien ne venait se tirer de ses yeux embués, son visage, derrière la paroi liquide, était flou, et tant mieux, elle ne voulait pas voir clairement l’expression qu’il arborait en cet instant. Choc semblable à celui ressenti quand elle l’avait vu ici. En bien plus désastreux. Une suffocation, elle se sentait privée de sa respiration.

    « Dégage. »

    Elle sentait la crise d’angoisse arriver. Les larmes soudain avaient repris leur chute, son souffle bloqué ne parvenait pas à retrouver sa place, l’oxygène ne lui parvenait plus malgré la fraîcheur de l’endroit. Il savait qu’elle y était sujette, il n’avait jamais été le seul à pouvoir les calmer, les effacer, toutes ces nuits où ses peurs s’étaient fait sentir et où elle s’était laissée aller, dans le recoin d’une pièce, laissant son corps se vider de son eau et de ses forces, et toutes ces fois où il la retrouvait, puis la berçait, jusqu’à ce qu’elle s’endorme. C’était fini, tout ça. Ses mots étaient sûrement les derniers, il venait de lui faire ses adieux. Sa veste, elle la laissa tomber, contre le sol noyé. Elle trouva quand même la force d’y répondre, essoufflée, cherchant à reprendre une respiration qu’elle ne trouvait pas.

    « C’est bon, tu as eu ce que tu voulais A. Casse-toi. Prends le premier avion pour NY, retourne chez toi, laisse-moi, barre-toi. »

    Elle lui avait alors tourné le dos, avait placé sa main sur sa poitrine commençant à se faire sentir douloureuse. L’arbre. Quelques pas et elle y était, s’y adossait, avant de se laisser glisser contre celui-ci. Respirer, respirer, respirer.
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Dim 19 Oct - 0:25

    Elle avait été avec lui parce qu’elle avait vu en lui ce courage qu’il avait eu à quitter la jeunesse dorée, ce groupe de jeunes arrogants vivant dans une bulle et pour qui les priorités n’ont pas lieu d’être. Ceux qui d’une part sont enviés car rien n’est trop cher pour eux, et d’autre part sont plaints réellement, leurs vies qui ne sont faites que de strass et de paillettes, leurs comportements jugés associables envers les classes inférieures. Oui, il avait eu ce courage de tout quitter pour vivre sa petite vie illégale et indépendante. Elle a vu en lui ce qu’elle n’oserait jamais faire mais ce qu’elle espérait tant, voilà pourquoi elle s’était attachée au bel Andreas.

    L’orage violent accentuait le drame de leur dispute, digne d’une vraie scène de cinéma. Mais c’était bel et bien la réalité, la triste réalité de leur jeu stupide qui avait eu raison d’eux, de leurs sentiments véritables, ceux là même qui faisaient vivre leur relation les premières semaines. « Peut-être que je le supporte maintenant, mais crois-tu que cela pourrait durer éternellement ? Quand mes doutes surgiraient, ce qui finira bien par arriver, comment je ferais ? » Elle partirait, bien évidemment comme elle avait très bien su le faire. Les amours les plus durables naissent souvent de mouvements spontanés, et avoués, de répugnance et d'agressivité réciproques, alors bien sur qu’elle le supporterait.

    Il ne savait que lui répondre, ses sentiments se bousculaient, la tendresse et la indulgence venaient se mêler à la haine, à la rancœur. Elle ne lâchait pas son regard et le sien semblait légèrement s’adoucir. Et quand il commençait enfin à ouvrir la bouche, conscient d’être allé trop dans ses mots acérés elle lui coupa instantanément la parole. Surenchère de mots blessants, le but ? Se faire le plus de mal, se faire le plus de mal pour mieux s’aimer ensuite. Cela avait toujours été comme ça entre eux et le resterait sans doutes.

    « Tu n’as aucune idée de ce dont tu parles Andreas, tu ne sais rien, tu ne comprends rien. Tais-toi. » Il fit vite la distinction entre les perles de pluie qui coulaient sur son visage et les larmes qui s’y perdaient, ces sourcils froncés la trahissait. Ces larmes qu’il n’avait jamais su supporter, qu’il avait tant essuyés, sans dire un mot. Oui, parfois il suffisait qu’il se taise et qu’il passe la main dans ses cheveux pour la calme mais ce temps là était résolu, les erreurs ne s’oublient pas. A demi attendri, il décida de limiter les dégâts, il venait à peine de la rejoindre et déjà ils ne pouvaient se supporter, triste répétition de l’infâme amour qui les liait.

    Elle lui demandait de partir, de retourner à New York et le plus tôt serait le mieux. Elle disait vouloir qu’il la laisse tranquille, c’était faux, elle espérait au fond d’elle qu’il revienne et quand bien même elle ne voudrait pas l’avouer elle le savait au fond d’elle. Ils étaient voués à cet amour sans fin, cette relation loin d’être idéale mais sans laquelle ils ne vivraient pas. Le visage de Cadence se décomposait au rythme de ses paroles, sa respiration saccadée, haletante, ils étaient allaient trop loin et leur fierté ne permettrait pas d’arranger les choses rapidement. Elle s’éloigna, laissant Andreas seul au milieu de ses arbres, trempé par la pluie, avec ces paroles qui résonnaient dans son esprit sans cesse.
    Il tourna alors les talons, bien décidé à quitter ce maudit parc et il la vit, là, accroupie contre cet arbre la respiration coupée, la main sur sa poitrine, le visage asséché par les larmes. Il se posta devant elle, le regard baissé vers sa direction, elle ne le regardait pas, bien trop occupée à récupérer son souffle.


    - Je vais partir, je prendrais l’avion demain dés l'aube mais avant je te ramène chez toi que tu le veuille ou non.
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Dim 19 Oct - 1:22

    Elle s’était laissée plonger dans les tourments dans lesquels son corps et son esprit la jetaient, auxquels ils la condamnaient. Son corps tout entier tremblait, sa vision s’obscurcissait, seul le vent, parfois, lui offrant une fraîche bourrasque, parvenait à l’éveiller, la sortir de sa torpeur et de cet engourdissement dans lequel elle se plongeait.

    Il s’était agenouillé devant elle, elle ne l’avait pas entendu arriver, et ses mots parvenaient péniblement à ses oreilles. Elle secouait la tête, lui faisant signe de s’en aller, mais il restait là, et ses sanglots redoublaient. Alors elle tenta de se calmer, petit à petit, de diminuer ses tremblements, le claquement de ses dents, avec dans l’idée de lâcher quelques mots, sans avoir à craindre de se mordre la langue au passage. Quand elle parvint enfin à atteindre le seuil désiré, elle lâcha, submergée par les émotions liées aux récents évènements :

    « Non, Andreas. Je l’ai tué. Je l’ai laissée faire, me le prendre, nous le prendre. Je l’ai laissé prendre notre enfant, c’est moi qui l’ai tué. »

    Phrases incohérentes, simple succession de mots, et dans cet état-là, elle lâchait tout. Ca se succédait, elle n’avait plus conscience de rien. Ses yeux s’étaient relevés vers lui, se plongeant dans les siens, considérablement rougis et gonflés, duquel s’échappait encore des larmes qu’on n’aurait pu dire d’où elle tirait.

    « Alors tu as raison, tu n’as pas de quoi être fier de moi. Je n’aurai pas ton pardon, je le sais, je le mérite. Je ne pouvais pas te le dire, et je ne pouvais pas assumer. »

    Et la crise avait repris de plus belle, elle avait entouré ses jambes de ses bras et se berçait seule, d’avant en arrière, fredonnant une petite chanson entrecoupée des rares instants où il lui était possible de reprendre sa respiration.

    « Va-t-en maintenant. »

    Et peu à peu, elle se calmait. Sa tête s’était posée contre le tronc de l’arbre, le nez vers les feuillages, ses paupières s’étaient closes, et sa poitrine se soulevait encore assez rapidement, mais elle ravalait les derniers sanglots, et ses tremblements se faisaient moins violents. Toute force l’avait quitté, mais tout rentrait dans l’ordre. A part le fait qu’elle venait de tout balancer, qu’elle appréhendait sa réaction qui pourrait la jeter dans une crise bien pire que celle-ci, et au-delà de sa réaction, les répercussions de cet aveu. Et le déluge qui continuait de se déverser sur la Terre, autour de l’arbre, mais elle n’en avait plus conscience.Elle n’avait plus conscience de rien, si ce n’était des mots qu’elle venait de prononcer, et qui résonnaient en écho dans son esprit. Stupide petite fille. Gâtée, pourrie. A présent, tu peux laisser ta haine s’emparer d’elle, cruelle victime, à présent, ta colère et tes accusations seront fondées.
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Dim 19 Oct - 1:55

    Il lui tendait la main pour l’aider à se redresser mais elle ne la prit point. Elle restait assise sur le sol humide, possédée par ses démons dont il était la cause. Il restait là tout de même, sans dire un mot, la regardant avec son air neutre et détaché habituelle, attendant patiemment qu’elle lui prenne sa foutue main et se décide à renter se réchauffer chez elle. Elle n’en fit rien, ses larmoiements incessants s’intensifiaient et il assisté à la scène impuissant.

    Elle se décida enfin à ouvrir la bouche pour en sortie une suite de mots insensés auxquels il ne saisissait pas le moindre sens. Il fronça légèrement les sourcils, tenta de déchiffrer ses phrases saccadées et quand enfin il cru en concevoir le sens, il referma sa main qui lui était tendue, il la serra fort, si fort pour que la douleur lui permette d’oublier ce qu’elle venait de prononcer. Un enfant, le leur a qui elle avait ôtée la vie. De quel droit ? Elle ne lui avait rien dit, pas un strict mot, sans doute le croyait-il aussi factice que tous ces bourgeois qui ne jurent que par l’argent et le superficiel ? Ou peut-être tout simplement que la drogue l’avait aveuglé, qu’il ne s’était pas rendu compte, qu’elle avait tenté de lui dire et qu’il n’avait rien vu, rien entendu.

    A peine eu-t-il le temps de reprendre ses esprits qu’elle lui disait déjà qu’il avait eu raison de ne pas être fier d’elle, qu’elle ne pouvait pas assumer, qu’elle ne s’était pas sentie capable de tout lui avouer et qu’il devait partir. Écœurante petite égoïste. Mais quelle est la loi stupide qui interdit de frapper les femmes ? Sexe faible ? Mensonge. Cadence était loin d’être faible. Leur relation n’était donc pas assez profonde pour qu’elle ose lui dire des choses aussi importantes ? Oh oui, elle était capable de se défoncer chaque soirs, d’assurer toutes ces nuits de splendide extase dans leur lit de soie, elle était aussi capable de lui crier des mots ignobles quand c’était elle qui s’était sauvée et elle n’était pas capable de lui avouer qu’elle portait son enfant ! Ingrate déception d’un amour aussi factice que le monde dans lequel ils avaient grandis.


    - Lèves toi !

    Sa voix était ferme et dure, il s’était redresser ne la quittant pas des yeux, son regard s’était en une fraction de seconde endurci. Et ces perles salées qu’elle ne pouvait contenir continuaient de s’écraser sur son doux visage, ces larmes dont il ne supportait même pas la simple vue, et qui pour la première fois ne le dérangeait pas. Elle était partie et elle lui avait mentie. Mais quel genre de femme était-elle réellement ? Où était donc passée celle qui l’attendrissait tant ? Celle qui parlait ouvertement sans tabous ni peur du jugement, celle qui savait se taire quand sa seule envie était de hurler ? Peut-être qu’il avait vu en elle ce qu’il aimait croire et que cette femme là n’avait jamais véritablement existée.

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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Dim 19 Oct - 2:27

    Elle n’avait pu s’empêcher de relever les yeux, guettant son changement d’expression qui n’avait su tarder. La mâchoire qui se crispe, qu’elle voie se dessiner contre sa joue, et cette main tendue qui se ferme en un poing menaçant. Ce n’était plus pour la même chose que Cadence tremblait, la vision de celui qu’elle aimait bouleversé l’ébranlait.

    Elle l’avait écouté, elle. Elle s’était laissé avoir. Par cette mère à la main de fer qui jamais ne s’était préoccupée de ses intérêts, mais plutôt de sa seule image. Sa gamine encore mineure, enceinte ? Ca ne pouvait que salir sa réputation. On s’attarderait sur la vie de la jeune Cadence, remarquerait que le père n’était qu’un junkie, produit raté de la jeunesse dorée. Ses mots étaient venus caresser son enfant qui ne pouvait penser sa mère mauvaise, aveuglée par un amour résistant encore à la lucidité qui la bouffait un peu plus jour après jour. Mais ceux qui s’étaient écoulés depuis l’opération, depuis sa décision, avaient été les plus longs de toute son existence, et les réflexions lui avaient bien appris la leçon. Du moins le pensait-elle, l’espérait-elle.

    Face à sa colère, elle redevenait cette innocente enfant d’autrefois, effrayée, apeurée, seulement, elle n’était pas innocente, elle était responsable et coupable, et elle avait à payer le poids de ses fautes. Elle savait qu’Andreas s’en chargerait très bien, et peut-être était-ce ce qui avait altéré son plaisir à le voir la poursuivre.

    ANDREAS – Lève-toi !

    Un mot et elle obéissait, elle se redressa sur ses jambes encore faibles, chancelantes, son bras tremblant toujours quelque peu venant s’appuyer contre l’arbre qui lui avait servi de refuge. Elle ne savait plus que faire, que dire, comment réagir, à sa seule paroles elle s’abandonnait, à ses ordres elle se remettait. Et pourtant, elle lisait la fureur dans son regard, elle émanait de lui tout entier, le dominant, le maîtrisant, et quant à elle, l’horrifiant. Mais elle ne méritait guère plus, ou bien pire encore.

    Les nuits interminables n’avaient pas suffit, les larmes inépuisables ne comptaient plus désormais, la souffrance accumulée, sa fatigue et son absence, rien ne valait, elle le méritait, amplement. C’était ce qu’elle se disait alors qu’elle le sentait dominait et qu’elle redevenait cet être si peu imposant, guidé, apprenant encore les notions du bien et du mal, se perdant parfois entre les limites. Elle n’avait pas la force d’articuler un mot, un seul mot, ni même de formuler des excuses, craignant de faire redoubler ses foudres. Et elle se sentait déjà chuter avant l’heure, préférant se préparer au pire, ses yeux le fuyaient, guettant l’ouest sans qu’elle n’y attendit quoique ce soit de particulier. Elle pouvait bien hurler, avait-elle seulement la force de réellement l’affronter ? Non, et elle n’en avait même jamais eu vraiment l’envie. Auparavant, ils ne faisaient que jouer au chat et à la souris, puisant leur amour dans leurs réconciliations suivant les disputes inutiles, futiles, mais c’était si différent aujourd’hui.
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Dim 19 Oct - 3:34

    Andreas n’était qu’un bourgeois de vingt-trois ans, insouciant ayant refusé d’être partisan du pitoyable moule de la jeunesse dorée et il pensait, oui il pensait que Cadence l’était elle aussi. Elle était la seule à avoir su freiner son addiction au sexe avec les petites putains de New York et celle de la drogue, tout au moins au début, car non, Cadence n’était pas comme les autres. Il se sentait trahie, la trahison entraîne la haine. L'amour peut énerver l'âme, ou l’affermir. Tout s'anéantit, tout périt, tout passe : il n'y a que le monde qui reste, il n'y a que le temps qui dure. Elle n’aurait jamais du. La trahison est telle une moisissure verte et douce, elle ronge en silence et par l'intérieur.

    Et comme tout jeune homme qui a quitté le foyer familial – si l’on peut encore appeler cela une famille – si jeune, il avait le défaut d’être atrocement rancunier, et son orgueil incommensurable ne faisait pas s’arranger les choses. Elle s’était levée, se remettant à ses ordres tel un pantin qu’il avait construit de toute pièces, sans âme ni sentiments, comme un esclave se soumettrait à son maître. Et l’espace d’un instant il vit dans son regard une culpabilité, de l’effroi disproportionné, il haussa un sourcil. Serait-elle effrayée par l’homme qu’elle aime ? Se rendait-elle compte de l’absurdité de sa bêtise ? Il se noya dans l’émeraude de ses yeux et hésita le temps d’un instant à la serrer contre son cœur, la blanchissant de ses erreurs et lui susurrer que tout ira bien, mais il n’en était pas capable, sa fierté l’en empêchait. La fierté a rarement un juste milieu, on en a trop ou pas assez, mais de tous les sentiments le plus difficile à feindre et bien celui là.

    Il posa sa main sur l’arbre, comme pour prendre appuis avant de flancher sous le poids des nerfs. S’approchant à quelques centimètres seulement de son visage apeuré, baissa furtivement les yeux se mordillant la lèvre inférieure puis les releva vers les siens qui semblaient fuir toute vérité.


    - Tu as bien fais. Je n’en aurais pas voulu de cet enfant. Je ne t’ai jamais aimé et jamais je ne t’aimerais, tu n’étais qu’un vulgaire jouet, une victime comme toutes celles qui sont passées avant toi et les suivantes. Et si je suis venue à Londres, c’est simplement parce que tu étais la plus pitoyable de toutes et que je pouvais faire tout ce que je voulais de toi.

    Infini mensonge, des mots qui lui incendiaient les lèvres à peine prononcés, des phrases qui ne paraissaient pas crédible mais avec le ton de dédain et de pitié qu’il avait mis dans sa voix passées comme une lettre à la poste. Elle était bien loin d’être comme toutes les précédentes, elle était sienne, elle était reine. Et si il avait fait tout ce chemin jusqu’à Londres, c’est que sans elle sa vie avait repris son triste court, inutile et navrante existence sans celle qu’il aimait. Mais pour rien au monde il ne devait perdre la face, elle l’avait trahie, il devait continuer d’être le plus fort, d’être celui qui allait gagner, celui qui ferait le plus de mal cela faisait partie du jeu et les règles étaient sans appels.

    Son regard était toujours posé dans le sien, craignant une réaction, des larmes qui le briseraient de l’intérieur, un départ précipité ou pire encore l’ignorance. Il avait ce lourd poids dans le ventre, ce nœud à la gorge mais il ne fallait rien laissait paraître, malgré cette sensation qui lui brûlait les yeux impossible à masquer.
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MessageSujet: Re: BRUSQUES RETROUVAILLES --   Dim 19 Oct - 4:04

    Ses mots résonnaient au fond de son crâne, encore et toujours, et elle ne savait pas faire la différence entre la réalité et la fiction, le mensonge et la vérité, la dissimulation par fierté et le dévoilement par rancune. Que ce soit l’un ou l’autre, peu importait, son désir demeurait le même : la faire souffrir.

    ANDREAS – Tu as bien fais. Je n’en aurais pas voulu de cet enfant. Je ne t’ai jamais aimé et jamais je ne t’aimerais

    C’est mots repassaient en boucle dans sa tête, la sonnant toujours un peu plus. Une larme, deux, la souffrance qu’il amplifiait, le clou qu’il enfonçait, couteau retourné dans cette plaie béante.

    « Tant mieux, alors, si ça n’a aucune importance pour toi. C’est bien différent pour moi. »

    Elle faisait fi de tous ces aveux, qu’ils soient vrais ou faux, ce n’était pas la question en cet instant. Sa propre révélation l’avait déjà suffisamment épuisée, et elle ne pouvait qu’encore la cogiter. Quant à ses pensées, elles étaient occupées ailleurs, occupées à ressasser le passé.

    Elle se retourna, et ses pas commencèrent à emprunter le chemin du retour, remonter en haut de sa tour, de laquelle personne ne viendrait plus jamais la délivrer. Elle était en train de se séparer de lui durant l’une des plus dures périodes de sa vie, il avait bien choisi, achevait de la détruire. Elle sentait que ses jambes perdaient de leur vitalité, que leurs réponses s’espaçaient. A chaque pas, elle se rendait un peu plus compte du chemin qu’il lui restait à faire sans lui. Elle avait dépassé l’arbre, et les flots se remettaient à la saccager, elle s’époumonait, la gorge en feu, plus rien n’avait d’importance. Quand il était à l’autre bout de la Terre, elle pouvait se raccrocher à l’idée que tout, tout était uniquement de sa faute, et qu’il n’avait jamais souhaité cela. Mais dans notre cas, tout s’était modifié, en l’espace de quelques secondes, de quelques phrases indélicates. Sa main se posa sur le rebord du banc sur lequel ils s’étaient assis un peu avant. Elle revoyait ce sachet passer entre leurs deux mains, les peaux qui s’effleuraient et le désir qui montait. Conneries. A la fois ce qu’ils se passaient et ce qui se passait. Elle avait du mal à réaliser, tout cela n’était pas encore réel pour elle, la supercherie n’était toujours pas une évidence. Elle avait souvent imaginé cette scène, celle où il lui avouerait qu’elle n’était qu’un jouet dont il n’avait que faire, et pourtant, sa conscience ne l’assimilait pas encore. Le plus souvent, c’était la nuit, et elle s’éveillait en sueur, hurlant, avant de se reblottir contre lui quand les larmes brûlaient son petit corps. Et sa seule présence la rassurait, son parfum l’enivrait, et sa peau, douce, lsise, qu’elle caressait, l’apaisait, elle se replongeait dans ses songes. Elle ût un haut le cœur. Non, ne surtout pas vomir ici. Et ses jambes qui semblaient déjà ne plus en pouvoir. Pourtant, elle continuait, droit devant elle, péniblement, cherchant à conserver un peu de cette grâce qui habituellement constamment l’accompagnait.
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BRUSQUES RETROUVAILLES --
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